dimanche 21 juin 2009

le dadais et la dadette

C'est l'histoire (très courte) d'une présentatrice de l'audiovisuel public qui, sans rire, nous parle d'une "grande dadette".

Moralité : les fautes d'orthographe peuvent s'entendre même quand on n'écrit pas. Et la plus "dadette" des deux n'est peut-être pas celle qu'on croit.

En fait, il n'existe pas de féminin pour le mot dadais [garçon gauche, au maintien embarrassé], dont l'étymologie serait une onomatopée enfantine. Pour une fois que le vocabulaire n'est péjoratif qu'envers les gars, quelle idée d'en faire profiter les filles ? Écartant donc l'irrecevable "dadette", notre chère présentatrice avait à sa disposition godiche, bécasse, gourde, cruche, nigaude, bringue, etc. Ou, bien sûr, le néologisme "grande dadaise", si le désir de fournir un peu de compagnie féminine aux grands et malheureux dadais la taraudait.

CLIQUEZ ICI  POUR ACCEDER A LA PAGE D'ACCUEIL DU SITE

vendredi 19 juin 2009

des monts ou démons ?

Le français de France a subi ces quinze dernières années une évolution phonétique alarmante : la quasi disparition du son "ê" en fin de mot ou dans les mots monosyllabiques. C'est ainsi que  la baie des Anges [avec impérativement deux sons "ê" comme dans fête] devient l'abbé Dézange [avec, par inattention ou par caprice, deux sons "é" comme dans été à la place des deux sons "ê" comme dans fête].

Cette disparition, constatée sur la langue et dans l'esprit des récitants de la presse parlée de France, s'étend immanquablement aux autres locuteurs professionnels (comédiens, politiciens, enseignants, etc) et par conséquent, au public francophone de France tout entier.

On remarque notamment que les articles pluriel "les" et "des" (à prononcer "" et "") sont généralement prononcés, depuis peu, " lé " et " dé ", dans les journaux d'information parlée. Il en résulte non seulement une perte de saveur musicale mais des énigmes. Lorsqu'un journaliste de télévision français prononce "départ de la société" il faut peut-être comprendre "des parts de la société" - ou peut-être pas. Quand il prononce "désespoir", il faut peut-être comprendre en réalité "des espoirs" - ou peut-être pas. Bref, il faut jouer aux devinettes avec l'information parce que les locuteurs de métier jouent à cache-cache avec la prononciation.

Si ce travers s'installait dans la langue française et s'y officialisait, si cette nouvelle norme s'imposait donc à tous les utilisateurs de la langue française, l'enseignement de la lecture s'en compliquerait grandement, avec cette nouvelle règle : "Les sons ê se prononcent é en fin de mots et dans les mots monosyllabiques, et se prononcent ê dans les autres cas, sauf exceptions". Obliger les enfants à écrire il/elle aimait et vous aimez quand tout cela se prononcera officiellement il/elle/vous aimé deviendra aussi cruel qu'inepte.

POUR ACCEDER A LA PAGE D'ACCUEIL DU SITE, CLIQUEZ ICI

mercredi 10 juin 2009

prêt et emprunt immobiliers

"Pour l'achat de votre maison, vous ferez un prêt ?" - demandent les agents immobiliers et promoteurs à leurs acheteurs. La réponse à cette question doit toujours être négative. Car, c'est l'établissement de crédit qui "fera" éventuellement un prêt à l'acheteur. L'acheteur, lui, fera un emprunt. Ou une demande de crédit. Quant au prêt, il n'en "fera" pas, mais il en demandera ou en sollicitera un.

Une langue professionnelle dans laquelle les verbes faire et demander sont synonymes est déjà bâtie sur le toc plutôt que sur le roc. Mais quand des antonymes - tels prêt et emprunt - sont considérés comme synonymes, alors le langage parlé est en ruines.

CLIQUEZ ICI POUR ACCEDER AU SITE DE LA MISSION LINGUISTIQUE FRANCOPHONE [M•L•F•]