jeudi 22 avril 2010

morbide, sordide et macabre

Parce que sa première syllabe est homonyme du mot mort, l'adjectif morbide est souvent employé par erreur pour désigner ce qui se rapporte à la mort, ce qui évoque des idées de mort. De même, en raison de la rime très riche qui les rapproche, les sens des adjectifs morbide et sordide sont fréquemment confondus.

Or, ce qui est morbide se rapporte à la maladie et non à la mort (du latin morbidus : malsain ou maladif). Ce qui est sordide n'est pas maladif mais d'une repoussante bassesse.

Ce qui apporte la mort est mortifère ou mortel. Ce qui évoque la mort ou s'y rapporte, ce qui se veut familier de la mort n'est pas morbide ni sordide mais macabre.

Les idées morbides ne sont donc pas des idées de mort, mais des idées malsaines. Parmi lesquelles peuvent apparaître éventuellement des idées de mort (mort d'autrui ou suicide), qui sont alors des idées macabres.

C'est bien parce que les concessions faites, parfois stoïquement, à l'idée de mort sont hâtivement jugées repoussantes et malsaines qu'elles sont tenues un peu vite pour sordides ou morbides.

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dimanche 4 avril 2010

si elle ne chante que le matin, c'est une manécanterie

Apparu voici moins de deux cents ans, le mot manécanterie (du latin mane cantare : chanter le matin) n'a jamais été bien vivace. Sa santé délicate et son sens obscur lui valent notre affection. Mais son peu d'utilité nous permet aussi de constater son agonie sans trop de chagrin. Qu'il s'éteigne en paix dans notre langue, au son matinal d'un chœur d'enfant à bouche fermée...


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