lundi 11 novembre 2013

pour la survie de pour


Au vingt-et-unième siècle, chacun constate que l'anatomie des tournures administratives françaises n'obéit plus aux lois de la nature de notre langue.

Dans cet esprit, la disparition de la préposition pour semble avoir été décrétée par diverses administrations, sans que les usagers de la langue française aient eu leur mot à dire et sans que l'Académie française l'ait entérinée. Ainsi la Ville de Paris, par la voix de sa régie immobilière, annonçait-elle en 2011 l'ouverture de "la nouvelle résidence jeunes travailleurs du 105 bd Diderot".

On pourrait penser qu'il s'agit d'une coquille. Que nenni. Cette "résidence jeune travailleurs" (comprenez pour jeunes travailleurs) vient rejoindre les "résidence chercheurs" (résidences pour chercheurs) et les "logements étudiants" (logements d'étudiants ou pour étudiants) qui pullulent dans les cartons des architectes depuis l'an 2000, comme si le complément de nom ne se formait plus au moyen d'une préposition mais par simple juxtaposition. Ou comme si la bonne construction d'une locution, le bon maniement de la langue française dans ses mécanismes grammaticaux les plus élémentaires n'étaient plus l'une des compétence professionnelles que l'élite administrative ou créative ait à cœur de posséder.