vendredi 21 mars 2014

la rediffusion du replay

Sur France Info, il existe une émission dans laquelle Céline Asselot s'efforce de nous intéresser au web mais aussi au print, émission de grande écoute qu'elle a intitulée "Le replay" (sic). Heureusement qu'on est sur France Info, on pourrait en douter...

Fondée historiquement par des anglophiles notoires, La Mission linguistique francophone brille par son absence d'aigreur à l'encontre de l'hégémonie internationale de la langue anglaise. Les observateurs de notre institution tiennent ce fait culturel pour acquis. Constat indéniable et nullement attristé, qui n'est pas incompatible avec celui-ci : l'équilibre de la langue française et sa belle vitalité exigent le refus de l'anglomanie de pure paresse ou de pur snobisme, tel qu'il irrigue la langue médiatique et commerciale.

La paresse consiste à ne pas employer de termes existant en français mais à céder au courant destructeur alimenté par des médias qui promeuvent à satiété le lexique anglais. Le snobisme consiste à considérer comme impropre à la consommation la terminologie francophone officielle ou officieuse, et à lui préférer un jargon comme "print", "web", "replay", "naming" ou "bedding". Et des titres d'émissions comme Dropped ou Le replay, à mettre exactement dans le même sac.

NB : l'Académie française a tranché...net : internet est incorporé à notre langue ; web ne l'est pasReplay (à comprendre ici comme rediffusion) ne l'est pas non plus, et print (qui signifie imprimé, impression ou édition selon le contexte), pas davantage.

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samedi 8 mars 2014

ni : la juste négation de l'addition

Les professionnels de la langue française - journalistes, orateurs politiques, enseignants - tendent à perdre de vue l'existence de la conjonction ni. Ainsi le journal français Le Monde titre-t-il : "pas de sanctions pour Madrid et Lisbonne". Or, la négation de l'addition n'est pas et mais ni. La rédaction correcte est ici : "pas de sanctions pour Madrid ni Lisbonne".

Dans un souci de meilleure information, il eut été plus correct encore de nous épargner ces métonymies géographiques routinières dans le commentaire politique, et d'écrire  avec plus de simplicité :  "pas de sanctions pour l'Espagne ni le Portugal", puisque c'est effectivement de mesures de rétorsion économique contre des pays et non contre des villes qu'il était question dans l'actualité internationale.