dimanche 28 juin 2015

ambiguïté et ubiquité

Mot d'enfant d'un commentateur sportif radiophonique, à propos de Machin-Truc, footballeur de son état, pressenti pour jouer à la fois en France et en Espagne :"il n'a pas le don d'ambiguïté".

Contrairement à l'ambiguïté qui ne vous situe nulle part, l'ubiquité est le don d'être partout à la fois. L'étymologie latine en est limpide : ubi signifie ; de là, ubique, qui signifie initialement et où, a pris en latin le sens de partout. L'ubiquité de la maîtrise approximative de la langue par les professionnels de l'actualité sportive se manifeste au détour de confusions de ce genre...



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mercredi 3 juin 2015

le gravage ou la gravure ?


Dans leurs publicités et leur explications techniques, certains graveurs industriels ou artisanaux (graveurs de DVD, graveurs sur verre, etc) font preuve de beaucoup d'attachement à l'emploi du terme incorrect "gravage". L'action de graver s'appelle pourtant la gravure.

Le gravage est un brabarisme qui se trompe de suffixe. La langue française a choisi d'unifier ses beaux-arts par une même désinence : peinture, sculpture, architecture, gravure, et non gravage, peintage, sculptage et architectage. Les graveurs artisanaux ou industriels qui emploient cependant "gravage" donnent à cela une explication embarrassée : gravure ça ferait trop artiste justement, trop beaux-arts, tandis que "gravage" ferait plus technique.

Cette crainte n'est pas fondée. D'une part la désinence en -ure est fréquente dans les termes techniques (soudure, armature, bouture, reliure, ferrure, ossature, brochure, etc). D'autre part, ni les entreprises de peinture de fuselage des avions ni celles de peinture en bâtiment n'ont éprouvé le besoin de créer le mot peintage pour faire sérieux. L'argument est donc irrecevable, et il s'agit bien d'une erreur de terme maladroitement justifiée a posteriori par des personnes décidées à s'obstiner dans leur mauvais maniement du français. La célèbre marque Michelin nous parle bien de la sculpture de ses pneus, et non de leur "sculptage", sans se condamner à perdre ainsi son statut industriel, ni craindre d'être confondue avec Jean-Michel Michelin, sculpteur en pâte-à-sel...

La vérité est que l'instinct du mot juste tend à se diluer toujours plus amplement dans l'imprécision, sans que les erreurs de vocabulaire soient scrupuleusement corrigées, comme le sont les erreurs d'orthographe, aussitôt signalées. Ainsi le "gravage" (de CD) a-t-il été forgé par analogie irréfléchie avec pressage et marquage - termes corrects. En résultat, on obtient un mot inutile, plus proche du gavage que de la gravure.

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