samedi 24 septembre 2016

tsunami sur les raz-de-marée

Ce qui s'appelle en français raz-de-marée se dénomme en japonais tsunami. La vogue de ce terme japonais repris par les anglophones est telle en France, depuis le début des années 2000, que le tsunami tend à éclipser le français raz-de-marée dans la presse et chez quelques traducteurs scientifiques peu regardants.

À propos d'un raz-de-marée déferlant ou ayant déferlé loin des côtes du Japon, l'emploi du mot tsunami est pourtant impropre par son incongruité culturelle. Concernant la Grèce antique ou la civilisation inca, par exemple, ce japonisme est en outre anachronique, donc doublement aberrant.

Dans ce raz-de-marée de tsunamis, le français médiatique continue de se noyer chaque jour, comme se noyèrent les moutons de Panurge. Et par le même réflexe grégaire.

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jeudi 22 septembre 2016

être candidat ou postuler

Adopté depuis quelques années par certains jargons professionnels, le verbe "candidater" est né des amours banales du snobisme et de la paresse. Le snobisme qui pousse à parler de façon pseudo-compétente, même au prix d'un lourd barbarisme. Et la paresse d'articuler l'une des expressions correctes pour exprimer cette action, à savoir : postuler, être candidat, se porter candidat, faire acte de candidature ou se présenter (à un examen, un concours d'entrée, une élection).

On note que le verbe postuler ne comporte que trois syllabes, contre quatre pour le verbe candidater. Il ne s'agit donc pas ici d'une paresse des muscles de l'articulation, comme souvent, mais de la paresse intellectuelle qui empêche de faire le lien entre la notion de postulat et celle de candidature.

La Mission linguistique francophone rappelle à tous les employeurs et à tous les candidats que le verbe postuler ne signifie pas répondre (à une offre d'emploi) - contrairement à ce que croient mordicus les créateurs du site Cadremploi, à qui l'erreur a été signalée par notre institution dès 2008 mais qui persistent à vous proposer de cliquer sur une touche ainsi libellée : "postuler à l'offre" (sic). Le verbe postuler signifie au contraire solliciter, demander. C'est pourquoi on ne sollicite pas "à une offre d'emploi"... On y répond. C'est l'emploi que l'on postule. Et il faut prendre encore soin de ne pas postuler à l'emploi ; car postuler - nous sommes navrés de radoter - signifie solliciter. La construction grammaticale est donc la même : on sollicite une faveur, on postule un emploi.

L'emploi du verbe postuler est devenu tellement précaire qu'on peut craindre qu'il soit bientôt au chômage... Pour lui éviter ça, on est prié de s'abstenir de le malmener ou de "candidater" (sic).

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mercredi 14 septembre 2016

chronophage et capillotracté

Néologisme bien assemblé et teinté d'humour, l'adjectif chronophage connaît une faveur grandissante et méritée. Il n'existait jusqu'alors pas de mot pour qualifier ce qui prend du temps, trop de temps, ce qui dévore [suffixe -phage] le temps [radical chrono-].

Le mot chronophage gagne actuellement ses lettres de noblesse et peut désormais s'employer sans guillemets, dans les contextes les plus variés, avec ou sans touche d'humour.

Il n'en va pas de même pour le plaisant "capillotracté", néologisme correctement assemblé lui aussi, mais empreint par essence d'une connotation burlesque très marquée et que l'on réservera au registre de l'humour. Construction 100% latine, capillotracté signifie "tiré par les cheveux".

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