vendredi 6 mai 2016

cheffe ou chef de service ?



"Un véritable barbarisme", voilà l'arrêt de mort qu'a signé l'Académie française [dès 2002, avec confirmation en 2014] contre la féminisation inepte de chef en cheffe. La respectable assemblée rappelle qu'il importe peu que telle ou tel ministre ponde une circulaire prônant l'adoption d'un barbarisme comme "cheffe de service"ou "procureure", car nul gouvernement n'est habilité à décider de ce qui constitue le bon usage de la langue française. La capacité à juger de la cohérence des évolutions du français et l'autorité de trancher ces question sont l'apanage de la clairvoyante Académie, sans discontinuité depuis quatre siècles comme elle se plaît à le souligner.

La Mission linguistique francophone ajoute à cette mise au point sa propre démonstration : la féminisation de chef par cheffe n'a, en tout état de cause (reconnaissance de l'autorité des Académiciens ou non), ni légitimité ni pertinence, puisque la désinence -effe n'est aucunement le propre du féminin comme en atteste le greffe du tribunal. Réciproquement, la désinence -ef n'est nullement d'une insupportable masculinité, comme en atteste l'existence de la nef. On notera que les apocopes du langage courant basse def et haute def [pour basse définition et haute définition] actualisent encore la mixité de la désinence -ef.

Si l'on veut se signaler comme étant la chef plutôt que le chef, il n'est pas indispensable de se signaler à cette occasion comme inapte à réfléchir plus loin que le bout de son bonnet d'âne, en voyant le mal - qui est ici le mâle - où il n'est pas.

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