samedi 27 mai 2017

taiseux


Qui parle trop est bavard, qui parle trop peu est taciturne.

Avec le sympathique adjectif et substantif taiseux, les Belges et les Franc-Comtois ont donné au français un synonyme familier de taciturne. On constate que taiseux tend à s'imposer dans la langue des médias au détriment de taciturne, sans conscience de son registre familier ni crainte d'anachronisme. "Cyrus le Taiseux", titre Le Monde au sujet de l'empereur persan, très éloigné dans le temps et dans l'espace de ce récent patois bisontin et non byzantin... Le titre qui s'imposait, historiquement et géographiquement, était "Cyrus le Taciturne".

Il est vrai que taiseux, contrairement à taciturne, épargne aux journalistes et aux animateurs de radio et de télévision - puis à chacun de nous par mimétisme médiatique -  l'effort de remonter à la racine latine tacere trop éloignée en apparence de "se taire". Le jour où le mot taciturne aura ainsi disparu de notre langue quotidienne, il nous restera la nostalgie de sa sonorité singulière, sa rime rarissime.

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vendredi 26 mai 2017

le Cdt n'est pas cordial

En français, les trois lettres Cdt sont l'abréviation du mot Commandant.* Il existe pourtant des correspondants par voie de courriels, nullement titulaires du grade de commandant, qui vous terminent leurs messages par les trois lettres "Cdt".

En réalité, ils ignorent les usages épistolaires de base et entendent par là vous saluer cordialement. Mais ils pourraient aussi bien vous tirer la langue ou vous faire un bras d'honneur. Car si l'on n'est pas cordial au point de prendre la peine d'écrire en toutes lettres une formule de politesse déjà concise à l'extrême, alors on ne l'est pas du tout.

*Tout en capitales, CDT est le sigle des comités départementaux du tourisme.

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jeudi 25 mai 2017

bon déroulement et mauvais déroulé

La Mission linguistique francophone et l'Académie française unissent leurs efforts éditoriaux pour rappeler d'une même voix qu'une action se déroule selon son déroulement et non selon son "déroulé" (sic) - contrairement à ce que l'on lit depuis peu d'années sous la plume de rédacteurs professionnels adeptes de l'approximation. Et dans la bouche de ceux que la répétition des erreurs de langage nouvelles attirent irrésistiblement par la seule vertu de leur nouveauté. Pour ces francophones-là, que nous avons sondés, le bon déroulement est un mot éculé qui manque de dynamisme. Selon eux, le "déroulé" (sic) d'une cérémonie, c'est plus actif [*]. Et de toute façon - tranchent-ils - on est libre de dire ce qu'on veut quand même, non ? Ce dévoiement de la notion de liberté ne suscite ni le "consternement" ni le "consterné", mais bien la consternation.

[*] Faux : le néologisme "un déroulé" est issu du participe passif du verbe (se) dérouler ; il est donc impropre à évoquer l'action autrement que subie. Il appartient indéniablement au registre de la passivité et non de l'activité.

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dimanche 21 mai 2017

a minima

En français, on peut préciser qu'une équipe doit être constituée de trois personnes au moins ou constituée de trois personnes au minimum. Les deux expressions sont exactement synonymes et elles sont l'une et l'autre irréprochables.

Mais il existe depuis peu une tendance à remplacer ces locutions adverbiales françaises au moins et au minimum par la locution juridique latine "a minima". Cette regrettable latinisation, d'inspiration pédante, est fautive car le sens en est inexact, voire opposé. C'est typiquement ce qu'on appelle un abus de langage.

En effet, la formule latine a minima n'est utilisée à bon escient que dans l'expression juridique "appel a minima". Il s'agit d'un appel que le ministère public interjette lorsqu'il estime qu'une peine prononcée par une juridiction est trop clémente. Il y a alors protestation du ministère public "issue de l'insuffisance (de la sanction)" : a(b) minima, en latin. Par extension - et toujours par pédanterie - le latin a minima peut signifier à l'extrême rigueur "réduit au minimum". Mais en aucun cas le latin a minima ne peut être utilisé dans le sens de au minimum ni au moins.

Les choses se gâtent encore avec l'introduction de la faute d'orthographe qui abâtardit le tout : "à minima" (sic), comme s'il s'agissait de la préposition francophone à et non d'une locution purement latine.

On constate aussi, depuis 2010, une tendance croissante à remplacer les adjectifs minimal et minime par la locution a minima :  "vers une TVA a minima ?" titrait ainsi le quotidien français Le Monde, pour évoquer la perspective d'une TVA réduite, une TVA minimale sinon minimaliste, une TVA minime ou minimisée peut-être. Cette impropriété de terme relève de la même pédanterie ou de la même préciosité, et d'un même suivisme aveugle et sourd à la justesse des termes.

Quand on choisit de se parer du prestige d'une langue morte plutôt que de choyer sa bonne petite langue vivante, il faut au moins ne pas se prendre les pieds dans le catafalque. C'est bien le minimum.


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lundi 15 mai 2017

"par contre" est parfaitement correct

Il est tout à fait faux que la locution adverbiale par contre soit grammaticalement incorrecte, comme on l'entend dire aujourd'hui encore.

La cabale contre cette expression est ancienne, puisqu'elle est l'œuvre de Voltaire qui fit, on ne sait pas exactement pourquoi, une fixation contre par contre. Il a fallu attendre 1920 pour qu'André Gide s'emploie à contrer définitivement le feu de feu Voltaire en démontrant que non seulement par contre était grammaticalement correct, mais qu'il existait des contextes dans lesquels on ne pouvait pas remplacer par contre par en revanche comme prétendait l'exiger ce bon Voltaire - et comme se croient obligés de le faire ceux qui se laissent piéger par la rumeur discréditant depuis lors l'emploi de "par contre".

• Sur le plan grammatical et syntaxique
Par contre est formé sur le modèle de par ailleurs, si l'on considère "contre" comme un adverbe [comme dans : ''seul contre tous''] ; et sur le modèle de par avance, si l'on considère "contre" comme un substantif [comme dans : ''un contre foudroyant'']. Or, par ailleurs et par avance sont parfaitement corrects et ne sont contestés par personne. De même, par contre est parfaitement correct et ne devrait plus être contesté par personne à notre époque.

• Sur le plan logique et stylistique
Pour démontrer la nécessité de conserver l'expression par contre dans l'arsenal sémantique, André Gide a pris à peu près l'exemple que voici. Si vous dites : "mon bien aimé mari n'a été que blessé à la guerre, en revanche mes deux fils adorés y ont perdu la vie", vous dites une absurdité, car il n'y a là nulle revanche (sauf pour votre ennemi, peut-être). La seule formulation sensée est donc : "mon bien aimé mari n'a été que blessé à la guerre, par contre mes deux fils adorés y ont perdu la vie'".

Illustration : Voltaire, partisan courageux et rationnel de l'abolition de la peine de mort, mais ennemi injuste et irrationnel de la locution par contre

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samedi 13 mai 2017

snobisme et sexisme des alumni

Inquiétante, cette prise de distance croissante des grandes écoles et universités de France vis-à-vis de leur propre langue : non, il n'y a ni pertinence ni légitimité à rebaptiser "alumni" les associations d'anciens élèves d'écoles francophones ni leurs anciens élèves eux-mêmes.

Le pluriel du mot latin alumnus (signifiant élève, au masculin) n'est évidemment pas arrivé chez nous par le latin, mais par imitation servile d'un emprunt déjà très ancien des étudiants nord-américains au latin. Notre ré-emprunt est nettement digne des moutons de Panurge, comme en atteste sa propagation aussi soudaine et fulgurante que tardive : les moutons ont le réflexe vif mais l'esprit lent.

Nous ferions mieux d'imiter les universités des USA pour leurs extraordinaires fanfares de plusieurs centaines de musiciens. Ces formations artistiques et ludiques persistent à briller par leur absence dans nos universités, où l'apprentissage d'un instrument de musique ne fait plus le poids dans la journée d'un étudiant - non plus que dans l'esprit d'un président d'université, manifestement - face aux joies du pianotage à deux pouces sur un téléphone portable...

Pour en revenir aux alumni, il est étonnant que les institutions de l'enseignement supérieur ne se soient pas émues de l'adoption de ce masculin pluriel nettement genré, puisque le latin comprend aussi le féminin pluriel alumnae et le neutre pluriel alumna. C'est donc bien le masculin mâle qui a été adopté, et non le neutre pluriel plus approprié pour des ensembles mixtes.

A défaut de s'émouvoir de cette nouvelle étape d'américanisation de notre culture estudiantine par l'invasion des alumni directement importés d'outre-Atlantique sans passer par Rome, les étudiantes elles-mêmes eussent pu s'émouvoir de la prédominance masculine qui s'y attache, peu compatible avec les efforts sincères de la société pour éradiquer les marques d'infériorisation d'un sexe par un autre. Encore eut-il fallu qu'elles sussent distinguer le masculin pluriel d'une langue morte, et qu'elles ne fussent pas éblouies par le miroir aux alouettes de l'exotisme américanisant qui étincelle dans ce suivisme cuistre.

jeudi 11 mai 2017

les personnels de l'entreprise face aux publics du musée


"Les publics", "les personnels" : la préciosité et le dogmatisme s'allient ici pour nier l'existence en français d'un singulier général. Celui grâce auquel nous aimons le bon vin, allons faire bronzette en été et voyageons par le train. Alors qu'il existe certes une multitude de bons vins, plus d'un été dans nos vies et plus d'un train dans nos voyages.
 
Dans une sorte d'entomologie sociale de mauvais aloi, épinglant chaque sous-groupe humain selon sa spécificité, la langue syndicale et celle du tourisme sont tombées tacitement d'accord pour imposer peu à peu dans le discours des pluriels vains. En France, plus un musée ne reçoit du public. Tous reçoivent désormais des publics.

Cette habitude de morceler en un pluriel superflu un terme désignant un groupe composite est récente dans le secteur du tourisme et de la culture, mais déjà ancienne dans le vocabulaire de l'entreprise. C'est peu après mai 1968 que les Directeurs du personnel se sont trouvés confrontés aux revendications des personnels. Sans doute parce que ce n'étaient pas les mêmes délégués du personnel qui défendaient les intérêts des cadres et ceux des ouvriers, des fraiseurs et des comptables, etc.

Dans le cas de la culture et du tourisme, la justification avancée par les promoteurs de cette mode de l'accueil des publics est la suivante : les handicapés (pardon : "les personnes en situation de handicap") ne se confondent pas avec les valides ; et les enfants (pardon "les scolaires") sont un autre public que les adolescents, les bébés ou les adultes, eux-mêmes dignes d'être subdivisés en séniors, actifs, chômeurs, journalistes, enseignants, touristes, chercheurs, membres de comités d'entreprise, militaires ou fonctionnaires civils. Et parmi les fonctionnaires civils, n'oublions pas de distinguer le public purement composé d'employés des collectivités territoriales et le public regroupant exclusivement des membres de la fonction publique d'État... Comme si toutes ces composantes n'étaient pas unifiées par un même statut : celui de visiteur actuel ou potentiel du musée. Celui de membres du public, dans toute son inéluctable diversité.

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Illustration : en ces temps difficiles pour la Guyane, un insecte de Guyane française, d'une beauté difficilement surpassable. 

lundi 8 mai 2017

la crise n'est pas près de finir

La Mission linguistique francophone rappelle que les adverbes sont massivement invariables*. Y compris les adverbes loin et près.

L'idée fausse selon laquelle l'adverbe près posséderait la faculté extraordinaire de s'accorder en genre, d'être tantôt masculin tantôt féminin, s'est pourtant incrustée dans certains esprits, notamment ceux de nombreux professionnels de la presse parlée. 

En dépit de longues années d'études de la langue française et de leur métier d'artisans de cette langue, des locuteurs professionnels de la télévision et de la radio perçoivent l'adjectif prête comme le féminin de l'adverbe près, et ne craignent pas de dire : "La crise n'est pas prête de finir" au lieu de : "la crise n'est pas près de finir."

Si leur intention est en réalité d'utiliser ici l'adjectif prêt au féminin, alors ils font une grossière erreur de syntaxe, en construisant prêt avec la préposition de au lieu de la préposition à. En français, on est près de la sortie mais on est prêt à sortir. La crise serait donc prête à finir, mais certainement pas prête de finir. Car en français, on est "prêt à tout", et non "prêt de tout" !

On note avec soulagement que les journalistes de la presse parlée ne nous invitent pas encore à féminiser de la même manière l'adverbe loin, antonyme de l'adverbe près. On ne les entend pas dire "Charlotte ira lointaine" au lieu de "Charlotte ira loin".

En fait, on ne les entend accorder de force aucun autre adverbe. "Ils sont souvent là" ne donne pas chez eux "elles sont souventes là"...

La féminisation aberrante du mot près s'avère non seulement unique dans la famille des adverbes mais sélective. On remarque que les adeptes de cette faute ne disent pas : "Aussi loin que nous soyons l'un de l'autre, je vis prête de toi", au lieu de "je vis près de toi". Perdus pour perdus, ils ont tort de s'en priver : ici au moins, on aurait sur la langue la saveur délicate d'une licence poétique...

*Les seules exceptions admises en matière d'invariabilité des adverbes concernent des adjectifs devenus adverbes : tout (tout seul), grand (grand ouvert), doux (filer doux), par exemple. Et encore leur nature adverbiale est-elle incertaine dans bien des cas où ces mots sont accordés : ils sont tout tristes (adverbe), elle est toute triste (adverbe synonyme de totalement ou adjectif signifiant tout entière ?).

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samedi 6 mai 2017

3D relief : l'image stéréo

Au cinéma et en photographie, la "3D" s'appelle depuis plus de cent ans la stéréoscopie. Bien avant que le son devienne stéréophonique sur bandes (années 1940) puis sur microsillons (en 1958) et sache ainsi donner à un vaste public l'illusion du relief sonore, l'image stéréoscopique avait réussi ce prodige au moyen de binocles adressant deux messages différents à chaque œil.

Les films de cinéma que l'on nous présente comme étant projetés "en 3D" ou pire "en 3D relief" (sic), sont des films stéréoscopiques. La Mission linguistique francophone promeut activement la remise sur pied de cet adjectif. Nous préconisons donc l'adoption du terme image stéréo (en l'occurrence, stéréoscopique) au lieu de "3D relief", en parfaite adéquation avec l'usage qui a fait apparaître dans notre langue le son stéréo (en l'occurrence, stéréophonique). Rien de plus cohérent ni de plus sensé n'est proposé actuellement par les publicitaires ni par les techniciens du film. En outre, cette désignation présente l'avantage d'être de portée mondiale, toute les langues ou presque ayant déjà adopté dans leur vocabulaire la stereo en même temps que le disque y venait.

NDE : cette préconisation a été faite par le Mission linguistique francophone dès 2012, nous la remettons sur le dessus de la pile.

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mercredi 3 mai 2017

a-t-elle l'air sérieuse ou l'air sérieux ?

 

La forme extrême du purisme s'appelle l'hypercorrection. C'est un une méprise qui porte à considérer comme fautive une formulation ne méritant en réalité aucune réprobation.

 

Ainsi en va-t-il de la croyance erronée selon laquelle l'expression "elle n'a pas l'air méchante" serait fautive, puisque le mot air est masculin et qu'il faudrait donc voir en "méchant" une épithète qualifiant l'air et non qualifiant la personne incriminée. Or, cette analyse est rarement juste et souvent entachée d'hypercorrection, donc fausse.

Lorsque c'est effectivement l'air adopté par la personne qui est qualifié, bien sûr le qualificatif de son attitude ou de son expression du visage doit être au masculin : "elle a un air absent" signifie qu'elle affiche un air absent. Tandis que "elle a l'air absente" signifiera qu'elle semble ne pas être là : "j'ai cherché Adeline, je ne la trouve nulle part, elle a l'air absente".

En effet, l'expression "avoir l'air" est aussi employée dans un français impeccable comme une locution figée, synonyme des verbes paraître ou sembler. Dans ce cas, il faut toujours accorder l'adjectif avec le genre du sujet qui a un certain air : si elle semble compétente, alors "elle a l'air compétente" est parfaitement juste, sur le plan grammatical comme sur celui du style.

Inversement, il est pour le moins maladroit de dire qu'une table a l'air branlant plutôt que branlante.

Car les objets inanimés n'ont pas d'expressions faciales ni de postures comportementales, et n'adoptent donc aucun air qui puisse être qualifié pour lui-même. Il est préférable de considérer que les qualificatifs ne s'appliquant pas à une expression du visage ni à un comportement doivent toujours être accordés avec le genre du sujet, et non avec le genre du complément air : cette exposition a l'air ennuyeuse, cette bague a l'air précieuse, cette table a l'air branlante.

L'Académie française le confirme. C'est pourquoi toute contestation du présent rappel aura l'air peu judicieuse.

* Illustration : une femme ayant l'air sérieuse (= l'air d'être sérieuse), puisqu'elle est apte à se voir confier une mission spatiale, mais n'ayant pas l'air sérieux (= n'ayant pas sur le visage un air plein de sérieux) puisqu'elle sourit.

* NDA : en tant que synonyme de sembler ou paraître, le groupe "avoir l'air" peut non seulement ne pas être complété par une épithète du mot air, mais il peut être compléter par un adverbe et non un adjectif : "elle a l'air ailleurs", dira-t-on dans un français irréprochable à propos d'une personne en train de rêvasser.

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